Le zéro achat : mes impressions

café dei campi

Bonjour bonjour!

Aujourd’hui, j’avais le goût de discuter d’un des sujets de l’heure : le zéro achat. Plusieurs personnes que je suis sur les réseaux sociaux (particulièrement des gens actifs dans l’univers du zéro déchet), se sont mis au défi de ne rien acheter en 2018. Pas de café pour emporter (même dans leur propre tasse), pas de resto, pas de vêtement (même usagé), nada.

D’un côté, je sens qu’il faut applaudir ce genre d’initiative puisque notre société fait aujourd’hui face à un gros problème de surconsommation, dans une économie linéaire de surcroît. Le hic selon moi, c’est que ce genre de défi est la plupart du temps relevé par des gens qui sont bien souvent déjà conscientisés à la sur-exploitation des ressources et aux conditions de travail difficiles auxquelles font face plusieurs travailleurs dans le monde. Bref, ce sont des gens qui, par leurs achats, encourageaient les artisans locaux (boulangers, cafés indépendants, restaurateurs végétariens, boutiques de vêtements/livres de seconde main, etc.) et/ou des compagnie qui cherchent à changer les choses en offrant des produits zéro déchet, équitables, etc.

Plutôt que d’encourager le zéro achat, qui semble probablement incroyablement drastique aux yeux de plusieurs, je pense qu’il faut démontrer qu’il est possible de consommer de manière responsable.

  1. Il faut réfléchir avant d’acheter.

En avez-vous vraiment besoin (il faut d’abord faire la différence entre une envie et un besoin)? Avez-vous déjà quelque chose qui pourrait convenir (genre les six autres paires de jeans qui se trouvent déjà dans votre garde-robe?)? Pourquoi voulez-vous acheter cet item (parce que tout le monde en a? parce que c’est à la mode?)? Allez-vous l’utiliser assez longtemps pour que ça en vaille la peine?  Il y a des dizaines de questions à se poser avant d’acheter un nouveau truc (qu’il coûte quelques sous ou plusieurs centaines de dollar, chaque achat a un impact). Le danger de nos jours c’est que la plupart d’entre nous pouvons nous permettre d’acheter à peu près n’importe quoi, au moment de notre choix. C’est beau toute cette liberté et cette abondance, mais elle a un prix. Malheureusement, c’est la planète et les générations futures qui paient et continueront de payer dans les années à venir.

    2. La ré-utilisation.

Si vous en avez vraiment besoin, est-ce possible de le trouver dans une boutique d’occasion ou sur un site de petites annonces? Quand on met le temps, on peut y trouver à peu près n’importe quoi. Aussi, est-ce que vous pourriez emprunter cet item à quelqu’un plutôt que d’en avoir un vous-même (vos six voisins ont une perceuse, y’en a pas un qui vous la prêterait pour installer votre nouvelle tablette?). Ou est-ce que vous avez regardé du côté de la location (si vous faites de la raquette une fois par année, pourquoi ne pas en louer plutôt que d’en acheter?)?

    3. Encourager l’économie locale.

Disons que ça ne se trouve pas en version usagée (ou vous n’avez pas le temps/le goût de faire les boutiques de revente), pourquoi ne pas en profiter pour encourager un créateur local? C’est parfois plus cher, mais comme vous allez moins dépenser (voir point #1), vous aurez plus d’argent à mettre sur ce dont vous ne pouvez vous passer.

Même chose côté cafés/restos. Payer, c’est voter. Personnellement, je n’achète à peu près aucun bien matériel parce que j’en ai suffisamment à la maison, mais j’adore encourager les restaurateurs végéta*iens et les cafés de troisième vague de ma ville. Je n’y mets pas les pieds tous les jours question de budget, mais je dirais qu’Antonin et moi allons au resto environ une fois par semaine et dans un café, une fois ou deux par mois. Nous achetons aussi nos bagels et notre café dans des boutiques spécialisées (bonus, nous pouvons utiliser nos propres contenants) et essayons de faire nos courses chez un fermier du marché Jean-Talon le plus souvent possible.

    4. Réduire son empreinte écologique

C’est impossible d’être parfait de ce côté (tout ce qu’on achète aura demandé des ressources pour se rendre jusqu’à nous), mais il y a plusieurs petits gestes qu’on peut faire au quotidien pour diminuer notre production de déchets. Amener sa propre tasse pour son café pour emporter, utiliser des sacs réutilisables à l’épicerie (pas juste à la caisse, mais pour les fruits et légumes aussi!), acheter en vrac en amenant ses propres contenants, demander sa boisson sans paille de plastique, poser une affiche sur sa boîte aux lettres pour signaler qu’on ne veut pas de circulaire, amener son lunch au travail plutôt que d’acheter un sandwich sur-emballé au casse-croûte du coin (ou demander au commis de mettre notre repas dans nos propres plats), etc. Chaque geste compte. En plus, c’est en le faisant nous-même qu’on montre l’exemple et qu’on influence les gens autour de nous! Ce n’est pas comme si le zéro déchet avait été une révélation divine pour notre couple. C’est en voyant les posts de Claudia (etsicetaitsimple) sur instagram que je me suis dit qu’on devrait au moins faire l’effort d’essayer. Peut-être que je n’influence personne dans mon quotidien (je ne suis pas ben ben militante de nature), mais peut-être que oui! Au moins j’ai l’impression de semer des graines. Quand je vais chez Bulk Barn avec mes pots Masson et mes sacs de tissus, ça fait jaser les autres clients. Qui sait s’ils n’emboîteront pas le pas lors de leur prochaine visite?

***

En conclusion, à moins que vous ayez vraiment un problème de consommation (indice : vos placards débordent et votre compte en banque est quasi vide), je vous encouragerais à revoir votre processus d’achat plutôt qu’à ne rien acheter du tout en 2018.

Sur ce, j’aimerais avoir votre opinion sur la question! Êtes-vous plus du genre à vous abstenir complètement ou à vouloir y aller avec modération?

Bonne journée!

alexe

 

Publicités