Zéro déchet : 20 mois plus tard

zero waste

Ahhhhh les filles!

Comme votre réception m’a fait plaisir sur mon dernier article et annonce facebook! J’ai l’impression d’avoir reçu des dizaines d’accolades virtuelles et ça fait vraiment du bien! Je suis super contente de vous retrouver. Maintenant que je sais que vous ne m’en voulez pas, on va pouvoir reprendre les choses comme si on ne s’était jamais perdues de vue, comme les vraies amies le font. 🙂

Un des sujets que je compte encore aborder, mais avec beaucoup plus de parcimonie, est le zéro déchet. Il a y plein d’expertes québécoises (telles que Mélissa de la Fontaine, Tendance Radis, Lauraki, Dans le sac et Chic Frigo sans Fric) qui dédient leur carrière à la question ainsi qu’une Association québécoise Zéro Déchet pour rester au courant de tout ce qui se fait dans la province à ce niveau. Je ne peux pas non plus complètement arrêter d’en parler parce que ça fait maintenant partie de nos vies, mais je n’écrirai probablement plus d’article dédié entièrement à des «trouvailles zéro déchet». Contrairement au modèle de consommation habituel, le «zéro déchet» a une fin. Par exemple, si j’étais intéressée par la mode, je pourrais vous parler de ce qui est en vogue saison après saison, ou si j’étais dans la sphère des produits de beauté, je pourrais vous parler de tel fard à joue ou tel mascara qui vient d’arriver sur les tablettes, mais dans ma bulle minimaliste et «le moins de déchet possible», mes sujets se renouvellent moins vite. Un article sur les mêmes vieilles guenilles ou sacs réutilisables que j’utilise depuis 10 ans, ça va, deux c’est limite, trois c’est de l’acharnement. Mes pauvres lectrices ahah!

Bref, je pense avoir pas mal tout couvert dans mes sept articles sur mes produits écolos, mais n’hésitez pas si vous avez des questions précises. Je suis là pour vous! Je ne dis pas ça pour être cute, je suis vraiment là pour vous. Ne soyez pas gênées de m’écrire (dans les commentaires ou sur facebook), je ne croule pas sous des tonnes de messages…

Tout ça pour en venir au sujet d’aujourd’hui : notre virage zéro déchet, 20 mois plus tard. Je pensais écrire un résumé de notre expérience avec le ZD beaucoup plus rapidement après le défi, mais je suis finalement contente d’avoir attendu. Comme je le disais dans mon dernier article, j’ai passé les derniers mois à me poser beaucoup de questions, et mon mode de vie en faisait partie. La citation que vous voyez plus haut a vraiment raisonné chez moi. Traduction libre :

Nous n’avons pas besoin d’une poignée de gens qui pratiquent le zéro déchet de façon parfaite. Nous avons besoin de millions de gens qui le mettent en pratique de façon imparfaite.

Mon dieu que ça m’aurait enlevé de la culpabilité de comprendre ça il y a un an et demi. Nouvelle flash : l’avenir du monde ne repose pas QUE sur mes épaules. Ça n’enlève rien au fait que je peux faire ma part, mais je n’ai pas besoin d’être parfaite. On a besoin de millions de gens qui s’y mettent de façon imparfaite et non d’une dizaine de figures de proue qui font ça avec tous les traits sur les T et tous les points sur les I.

Avec le recul, je me rends compte que j’aurais dû adopter mes nouvelles pratiques ZD plus tranquillement plutôt que de me lancer un défi 100% sans déchet. C’est dur de se laisser un peu de lousse une fois qu’on a pris des nouvelles «bonnes» habitudes. Par exemple, j’avais déjà l’habitude de cuisiner la plupart de nos trucs à la maison, mais là je me suis ajouté tous les beurres de noix et graines, toutes les légumineuses, tous les types de pain (burger, naan, pita, tortillas, etc.), toutes nos collations, le lait, le jus d’oranges de mon chum, les conserves de tomates, mes produits pour la peau et les cheveux, nos produits de nettoyage, etc. C’était, pardonnez-moi le langage, un shitload de trucs de plus tout d’un coup. J’avais l’impression de passer mon temps en cuisine ou à faire des recherches sur internet pour apprendre à tout faire. Finalement, au fil des mois, j’ai dû laisser aller quelques trucs. On achète notre lait végétal enrichi et le jus d’oranges en tétra-pack même si c’est un matériel vraiment difficile à recycler. Je ne suis pas parfaite. On a pas mal arrêté de manger des wraps et des pitas, c’est chiant à faire et le résultat est honnêtement peu concluant (pour mes compétences du moins). J’en ai acheté deux fois dans les 18 derniers mois parce que j’avais un craving, pis c’est ça qui est ça. Je ne suis pas parfaite. Pendant l’hiver, j’ai abandonné l’idée de faire mes sauces tomates à partir des fruits entier, je les achète en conserve. On n’en utilise vraiment pas si souvent, et je n’ai vraiment pas de place pour faire des réserves de conserves chez moi. Je vous ai dit que je n’étais pas parfaite? Tout le reste, je me suis habituée. Ça demande une bonne gestion, mais apparemment, j’ai suffisamment de place mentale pour savoir combien de pots de légumineuses j’ai de prêts au congélateur et s’il me reste assez d’arachides pour notre prochaine batch de beurre de pins. Ça doit être pour ça que je ne suis pas astronaute, mon cerveau est trop occupé à se rappeler du moindre bout de concombre au frigo pour être sûr qu’on ne gaspille pas de bouffe. 😉

Ça ne veut pas dire qu’on ne fait pas d’écarts de temps en temps. Moi aussi je veux l’essayer le nouveau yogourt végétal (verdict = c’est bon mais je peux facilement vivre sans)! Nous aussi on veut se gâter avec des fausses-viandes, des croustilles et des crèmes glacées végétaliennes de temps en temps! C’est cher et pas fameux pour la santé alors c’est très occasionnel, mais on n’est pas parfaits. Ma poubelle a l’air de la poubelle de tout le monde, c’est juste qu’elle se remplie peut-être moins vite.

Honnêtement, la bataille n’est pas gagnée entre mon cœur (qui veut toujours aider la planète à 200%) et mon cerveau (qui rationalise un peu mieux), mais je me laisse plus de lousse qu’au début. Je me rappelle constamment aussi que le ZD, ce n’est pas juste les emballages. Il y a plein de gestes que je peux faire au quotidien pour réduire mon empreinte écologique: utiliser les transports en commun, ne pas consommer de viande ou de produit laitier, fabriquer mes produits pour la peau, nettoyer la maison avec des produits naturels, porter les mêmes vêtements depuis presque toujours (même si mon chum ne trippe pas sur la robe de chambre avec nounours que mes parents m’ont donné quand j’avais neuf ans 😛 ) et même juste fermer la lumière quand on n’est pas dans une pièce. Bref, y’a pas juste dans ma poubelle que ça compte.

C’est dur aussi de ne pas se comparer aux gens en ligne qui semblent vivre le ZD sans faille et avec facilité en plus. On dirait qu’ils n’en ont jamais ras-le-bol de devoir mettre des heures à chercher une soie dentaire écologique ou la recette de savon à linge fait maison qui va enfin laver vos vêtements pour vrai. Ils ne sourcillent pas de devoir faire trois épiceries pour tout trouver sans plastique et devoir voyager (en vélo, tsé) jusqu’à l’autre bout de la ville pour acheter leur shampoing en barre alors que la pharmacie au coin de la rue vend 300 produits qui auraient fait la job mais qui viennent dans des bouteilles de plastique. De l’autre côté, il y a tous ces influenceurs qui nous vantent les mérites des centaines de produits qu’on voudrait bien essayer, mais qui sont loin de correspondre à nos valeurs. Il faut développer un bon bouclier anti-pub-qui-n’a-pas-l’air-d’une-pub-parce-que-c’est-mon-inclueuceur-préféré-qui-en-parle-donc-c’est-forcément-un-produit-dont-je-ne-peux-me-passer-non?

Je ne veux pas que vous pensiez que le ZD est trop difficile, loin de là. J’ai fini par passer par-dessous toutes ces petites écoeuratites et ma pause des réseaux sociaux m’a permis de prendre du recul vis à vis les gens «parfaits» qui me culpabilisaient (malgré eux, ça va sans dire) de ne pas trouver ça facile comme eux. J’avais mise la barre extrêmement haute dès le début alors ça m’a causé beaucoup plus de frustration que ça aurait dû. Si j’avais un conseil, ce serait d’y aller un truc à la fois. Cette semaine, on fait nos biscuits plutôt que d’en acheter à l’épicerie. La semaine prochaine, on ira remplir notre contenant de savon à lessive plutôt que d’en acheter un à la pharmacie, etc. Je pense que la transition se ferait beaucoup plus facilement en intégrant seulement une nouvelle habitude à la fois plutôt que tout d’un coup. Se laisser un peu de lousse si on veut s’acheter un sac de chips de temps en temps ne fera pas de mal non plus.

Mais ça, c’est juste mon opinion à moi. Mon expérience de fille pas parfaite qui a essayé d’être parfaite et qui s’est créée des frustrations inutilement. Ahhhh l’histoire de ma vie!

J’aimerais beaucoup entendre vos expériences aussi si jamais le cœur vous en dit!

À bientôt!

alexe

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2 réflexions sur “Zéro déchet : 20 mois plus tard

  1. Anej

    Cool merci pour ce retour 🙂 A chaque fois je me demande si j’ai tord mais j’ai toujours eu l’impression que le 0 déchets était BCP plus compliqué que le véganisme… Et beaucoup plus excluant aussi… Ce que tu dis semble le confirmer… Je pense que c’est extrêmement important de réduire ses déchets, mais punaise qu’est-ce que ça a l’air difficile de faire du parfait…

    Aimé par 1 personne

    • Bonjour Anej,

      C’est effectivement le constat que j’ai fait aussi. Je ne me sens jamais privée de quoique ce soit avec mon régime alimentaire différent, ou même le minimalisme qui me vient vraiment naturellement, mais le zéro déchet m’a causé plusieurs petites frustrations. J’avais l’impression d’être privée comparativement aux autres (genre que je m’empêche d’acheter un concombre anglais parce qu’il vient dans un condom de plastique (même si je préfère de loin cette sorte aux concombres de jardins full coriaces) alors que les gens devant moi à la caisse ont une épicerie à 100% enveloppée dans des matériaux non-recyclables). Comme Valérie l’a dit sur facebook, le ZD est parfait pour amener des questionnements sur notre consommation en général, mais il ne faut pas chercher à être parfaits. 🙂

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