Nicaragua : semaine 3

vache miraflor

gallo pinto miraflor

lunch miraflor

1er février : il y aurait tellement de choses à dire sur mon séjour à Miraflor! J’ai peur d’en oublier… Commençons donc par les évènements de la journée. Je me suis levée lorsque j’ai vu les premiers rayons de soleil se pointer entre les planches de la maison. Modesta et Mefalia étaient déjà au boulot depuis longtemps dans la cuisine! Je n’ai pas vraiment dormi de la nuit à cause du froid et des coqs (surtout les coqs. foutus coqs ahah! on m’y échappe pas ici…) mais j’étais prête à apprendre à faire des tortillas! Modesta m’avait promis de me montrer. Après avoir trait les vaches avec Marvin (j’ai essayé!! je suis nulle à faire rire et la vache devait avoir hâte que la touriste laisse son tour mais je suis fière d’avoir au moins essayé!), je suis retournée dans la cuisine pour assister les femmes de la maison. J’ai moulu un peu de farine de maïs (directement du grain) mais c’est Keith qui a fait le plus gros de la job. C’est vraiment un bon travail de bras avec leur petit moulin en fonte! Quand je pense à tous mes électros, robots, ustensiles spécialisés (comme un éplucheur ou un pile patate) j’ai juste le goût d’aller me cacher. On nous avait bien prévenu de ne pas amener de cadeau à la famille pour ne pas créer de jalousie dans la communauté mais j’ai le goût de leur envoyer un ensemble de couteaux ou un truc du genre. Le leur (il n’en ont qu’un) est si vieux qu’il coupe à peine des oignons. Heureusement que Molesta n’a pas à couper de carottes! Ils ne mangent que des trucs qu’ils cultivent eux-même : des oignons, des piments verts, du maïs, des fèves rouges, des patates et du lait qu’ils transforment en crème et en fromage. Ils achètent de la pâte de tomates, des pâtes (juste pour les touristes je pense), du riz et du sel. Encore une fois, la pensée de mon frigo qui déborde de légumes et sauces en tout genre me fait rougir. C’est dans ces moments-là qu’on réalise la chance que l’on a.

Keith et moi avons également remarqué la grande différence entre l’habillement des jeunes et celui de leur parents. Les plus vieux portent de vieux vêtements usés à la corde alors que leur progéniture sont habillés à la dernière mode. On voit bien que les parents travaillent forts pour donner le meilleur à leur enfants. Les jeunes doivent aller à l’école jusqu’à 12 ans mais, après, seulement ceux qui peuvent se le permettre iront au secondaire. Les deux garçons de Marvin et Mefalia, Uriel et Wilder, devaient faire 2 heures de cheval pour se rendre à l’école secondaire située dans une communauté plus au Nord. Ce n’est pas toutes les familles qui ont un cheval. S’ils ne peuvent se rendre à l’école, les enfants restent dans leur famille pour aider aux récoltes.

Malgré la vie difficile de la montagne, tout le monde à qui nous avons posé la question nous a répondu la même chose : ils n’échangeraient pas leur vie de fermiers pour une vie en ville. Ils aiment la tranquillité et la sécurité de Miraflor. La chaleur d’Esteli les étouffe et même les locaux évitent certains coins de la ville après 21h. Même les jeunes à qui nous avons parlé souhaitent rester à Miraflor ou y retourner après leurs études pour continuer leur travail sur la ferme familiale.

Après le petit-déjeuner, nous avons repris la route en compagnie de Wilder. Une belle marche de trois heures dans la boue et le brouillard pour arriver dans une autre communauté où nous avons été reçu pour le lunch. Yum! Tout est tellement bon ici! Après dîner, nous avons marché une autre heure pour nous rendre à l’arrêt de bus pour Esteli.

Quelle expérience mémorable! Je suis vraiment contente que ma soeur me l’aie recommandée et, si vous visitez le Nicaragua un jour (et que vous avez une base d’espagnol), je vous encourage fortement à passer une ou plusieurs nuits à Miraflor. Vous obtiendrez toutes les infos nécessaires chez Three Huggers au centre-ville d’Esteli.

esteli

2 février : j’avais une grosse décision à prendre lundi le 2 ; est-ce que je prenais le bus direction Matagalpa pour faire le tour d’une plantation et usine de transformation de café ou celui pour la plage de Las Peñitas. Ma chambre était déjà réservée à La Barca de Oro à Las Peñitas (cet auberge se rempli vite alors j’avais fait une réservation la semaine précédente) mais, comme j’avais pris deux jours de retard sur mon semi-horaire à cause de l’attente pour la hike à León, je devais faire un choix. J’ai appelé Matagalpa Tours pour savoir combien il en coûterait pour faire le tour en solo et finalement, le 100$ demandé m’a un peu découragée (si vous êtes deux, c’est 60$/personne). À ce prix-là, je préfère boire 50 cafés nicaraguayens, surtout que j’avais déjà vu les plants et la récolte de café avec Louis lors de notre première journée à Miraflor. Je trouverai un livre qui décrit le processus, ça me suffit!

Il n’y a que deux bus qui vont d’Esteli vers León chaque jour (70C$), un à 8h30 et l’autre à 15h30. Une chance que je suis arrivée d’avance parce que le bus est partie à 15h05!! Le chauffeur devait avoir hâte d’arriver à la maison. Nous sommes arrivés à León à 17h20 mais je devais me dépêcher le popotin pour attraper le dernier bus pour Las Peñitas. Ce bus part d’un marché situé à l’autre bout de la ville. Évidemment, les chauffeurs de taxis ont tous essayé de me convaincre que le dernier bus était déjà partie et que je devais payer 20$ pour me rendre à la plage mais j’ai décidé de tenter ma chance et de prendre un vélo-taxi jusqu’à l’arrêt. Le gars me demandait 80C$ mais, une fois à l’arrêt, il disait que c’était 200C$ parce qu’il s’était vraiment dépêché. Je dé-tes-te quand ce genre de chose m’arrive. Je deviens super stressée mais je ne m’en rends compte qu’une fois que le moment est passé, comme la fois à Managua où le chauffeur voulait me charger 20$ US pour 5 minutes de transport. Bref, je lui ai donné 100C$ simplement parce que j’étais contente d’être arrivée à temps pour le dernier bus. L’adrénaline est tombée une fois que je me suis assise et je me suis complètement effondrée dans mon siège.

Le trajet en bus (12C$) était vraiment plaisant au couché du soleil. Il y a toujours de la musique locale qui joue dans les Chicken bus ici (et même des films parfois pour les longs trajets!). Les choses se sont un peu gâtées vers la fin par contre. Un monsieur avec une déficience mentale est monté à bord et s’est assis devant moi. Une gang de gars se sont déplacés de l’arrière du bus jusqu’à lui et on commencé à le harceler et à rire de lui. Je ne sais pas pourquoi le chauffeur de bus n’a rien fait. J’étais vraiment inconfortable et j’avais hâte qu’on arrive. Un autre gars est venu de l’arrière du bus pour s’asseoir avec moi (alors que le bus était à moitié vide). Au départ, j’avais peur qu’ils soient avec les autres mais je pense qu’il voulait plutôt s’assurer que la gang me laisse tranquille. On a parlé un peu (mon espagnol est très limité) et il devait sentir que j’étais vraiment stressée parce qu’il m’a dit qu’on arrivait bientôt à deux reprises. Finalement on est arrivés à destination. Beaucoup d’émotions pour une seule journée! Les journées de transport sont les plus éprouvantes pour moi puisque je ne connais pas la langue ou les villes alors je dois vraiment me fier à la bonne volonté des gens. Jusqu’à maintenant je n’ai eu que deux mauvaises expériences (qui se sont bien terminées) mais ça me m’empêche pas d’être sur les nerfs à toutes les fois où je change de ville. Ça ne me fait jamais ça quand je voyage à deux ou dans un pays francophone ou anglophone. Pourtant, ce n’est pas comme si ça me donnait plus de contrôle… Ça me doit pas faire de moi une excellente globe-trotteuse. Jusqu’à maintenant, je n’avais jamais voyagé plus d’un mois à la fois. Je m’étais dit que ces 6 semaines me serviraient de test pour voir si un voyage d’un an autour du monde en solo était quelque chose qui m’intéresserait. La réponse est assez évidente maintenant. Il ne me resterait plus beaucoup de cheveux à mon retour entk… :p

barques las penitas

coucher de soleil merida

3 février : journée à la plage! Il faisait -36C au Québec le 3 février. C’est plate hein? Après toutes les émotions vécues à Miraflor et dans les transports la veille, cette journée de lecture au soleil était vraiment bienvenue.

L’auberge est très belle même si mon dortoir était une vraie soue à cochons. J’étais la seule fille est les 5 autres Français occupaient la chambre depuis 10 jours. Imaginez une gang de gars en vacances dans une pièce grosse comme un garde-robe. Il n’y avait pas un pied carré de plancher de libre entre les déchets, le linge sale et les mégots de cigarettes… Ahhh les gars, ça ne changera jamais. 😉

Petit note sur les plages nicaraguayennes : si vous aimez vous étendre dans le sable pour lire et faire bronzette, le Nicaragua n’est peut-être pas la destination idéale pour vous. En vacances, je peux facilement passer une journée complète au soleil à faire le poulet qui rôti mais, ici, c’est impossible. Le vent vient des terres et soulève le sable pour vous fouetter des heures durant. Je n’ai pas réussi à rester étendue plus d’une heure sur le sable jusqu’à maintenant. Après ce laps de temps, je suis complètement couverte de sable et prête à tout remballer et rentrer à l’auberge. Heureusement, la plupart sont équipées de hamacs ou de bancs pour se reposer au son des vagues.

Autre truc à noter sur Las Peñitas en particulier : c’est une ville de pêcheurs alors ça sent le poisson éventré. Ça n’en rend pas les levers ou les couchers de soleil moins beau!

lever de soleil

4 février : pour une fois, j’étais contente de m’être réveillée avant le lever du soleil. Quel spectacle magnifique! C’est rare qu’on puisse admirer un coucher ET un lever de soleil au même endroit. La journée a été assez relaxe, le seul plan était de regagner León en avant-midi et de me prélasser sur le bord de la piscine pour le reste de la journée (comme je n’avais pas pu me reposer au soleil les derniers jours à cause du sable). J’ai quand même vécu une aventure digne de mention! J’attendais le bus avec Maxime, un gars de Montréal rencontré la veille, quand un monsieur nous a offert de nous amener en ville dans la boîte de son pick-up. Pourquoi pas? Je pense qu’il s’agit maintenant de mon moyen de transport préféré. Est-ce légal au Québec? On a fait le trajet en un rien de temps et la vue était superbe! En plus, il nous a déposé directement au centre-ville. C’est pas merveilleux ça? Merci monsieur! 🙂

Autre fait digne de mention : j’ai lu un livre complet pendant la journée – The Rosie Project. C’est un roman australien que mon Kindle avait recommandé lors de mon dernier achat. Excellent! Pour les fans de The Big Bang Theory, c’est un peu comme si Sheldon écrivait un livre. J’en suis maintenant à mon 5e livre en 4.5 semaines.

Dernier fait de la journée : j’avais vraiment le goût de manger local mercredi soir alors je suis allée au kiosque au coin de la rue de l’auberge.  Pour 35C$, j’ai eu droit à une gigantesque assiette de gallo pinto, banane plantin caramélisée, salade de chou, fromage et tortilla. 35C$!!! Tout était vraiment bon en plus. Avoir connu cet endroit plus tôt, j’y serais retournée tous les soirs!

volcan conception

merida

5 et 6 février : j’ai décidé de faire la route jusqu’à Isla Ometepe en deux parties pour ménager mes fesses. J’ai pris un shuttle direct de León à Granada (15$) simplement pour éviter de passer par Managua et d’avoir à négocier avec un chauffeur de taxi. Le moins possible… Je suis arrivée à Granada vers midi et j’ai passé l’après-midi à faire des courses dans mes endroits favoris. Il y a entre autre une pâtisserie, Pan de Vida, qui fait les meilleurs pains sucrés au monde. La dernière fois j’avais pris un pain aux bananes et aux noix alors, cette fois, j’ai opté pour celui aux carottes, noix et raisins. Yum! J’ai aussi acheté un sandwich aux oeufs pour la route du lendemain à une petite boulangerie française pas trop loin, Panaderia Luna, et pris une grande marche (honnêtement pas si grande mais quand il fait 35C à l’ombre, tout a l’air beaucoup plus loin) jusqu’à l’épicerie pour faire des provisions. J’adore visiter des épiceries en voyage! J’ai le goût d’acheter plein de trucs pour goûter à tout mais je me retiens parce que je dois tout traîner sur mon dos par la suite et je n’ai pas souvent de frigo dans mes auberges cette fois.

Le lendemain, j’ai pris la route vraiment tôt vers Rivas (30C$). Rendu-là, il faut négocier (pas yeah) avec les chauffeurs de taxi pour se rendre jusqu’au port de San Jorge. Si vous êtes patients, vous pourrez vous en tirer pour 2-4$/pers. Personnellement, j’ai payé 80C$ pour un collectivo, pas si mal! Rendue au port, j’ai attendu une heure trente pour prendre le traversier de 12:30 (30$C). Une Gravol m’a aidé à survivre à l’heure de bateau mais j’avais hâte d’arriver pareil. Moi et les vagues, on s’aime moyen. :p

J’ai eu beaucoup de chance en arrivant à Moyogalpa. En attendant le Chicken bus qui partait à 14h40, j’ai vu quelques touristes qui négociaient avec un conducteur de shuttle alors je suis allée voir s’ils partaient dans ma direction. Oui!! J’ai donc payé un peu plus cher que le bus mais j’ai économisé deux heures de trajets et presqu’une heure d’attente. Pour 8$? N’importe quand! Je suis arrivée à mon auberge avec plein de temps pour décompresser et voir un magnifique coucher de soleil.

volcan conception

7 et 8 février : j’avais choisi de passer mes deux premières nuits sur Isla Ometepe à Merida, près du volcan Maderas. J’avais l’intention d’en faire l’ascension mais plusieurs voyageurs m’ont fait part de leur expérience plus ou moins plaisante dans la boue alors j’ai changé de plan (j’avais passé assez de temps à marcher dans la boue à Miraflor) et opté pour la chute de San Ramon à la place. La chute était située à environ 45 minutes de marche de mon auberge. J’ai fait toute la route le samedi pour me rendre compte une fois sur place que le prix d’entrée était de 3$ US et que j’avais laissé mes sous à l’auberge. Bravo Alexe. :p

J’y suis retournée le lendemain avec l’argent nécessaire mais, en arrivant sur place, j’ai croisé un couple de touristes qui avaient été victimes d’une embuscade à la machette à 1km de la chute (la hike est de 3km/aller). Ils ont heureusement été capables de se débarrasser de leurs assaillants et de rebrousser chemin. Le préposé à l’entrée semblait dire que c’était généralement sécuritaire, qu’il ne s’agissait que de quelques locaux qui avaient trop bu cette journée-là. Je veux bien mais je n’allais pas risquer de me faire attaquer à la machette pour voir une chute. Surtout que, cette fois, j’avais amener tous mes sous en plus de mon passeport… J’ai donc rebroussé chemin sans voir la chute pour une deuxième journée de suite. Pas grave, il y en aura d’autres. Et juste la marche aller/retour était cool! J’ai vu plein de singes en liberté!

En milieu de journée dimanche, j’ai pris un taxi (35$) jusqu’à Moyogalpa pour y passer mes deux dernières nuits sur l’île. On y a une superbe vu sur le volcan Conception.

Voilà qui résume ma troisième semaine au Nicaragua! Il ne me restera qu’une semaine à vous raconter.

Bonne semaine!

alexe

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9 réflexions sur “Nicaragua : semaine 3

  1. Gaston

    C’est toujours agréable de lire tes récits de voyage et en plus ça met un peu de « chaleur » dans notre bel hiver;-).

    « Ahhh les gars, ça ne changera jamais » Héhé, non et les filles non plus j’imagine. 😛

    « dans la boîte de son pick-up… mon moyen de transport préféré. Est-ce légal au Québec? » C’est vrai que c’est le fun, dans les années 70, c’était toléré, mais maintenant qu’on vit dans une société pantouflarde obsédée d’hyper-sécurité, non ce n’est pas légal.

    « Pour les fans de The Big Bang Theory, c’est un peu comme si Sheldon écrivait un livre » Oh boy, va falloir que je lise ça un jour.

    Je suis contant que tout se passe bien pour toi et qu’il ne t’arrive pas de pépin. En te lisant, je me rend compte que je ne ferais pas un grand voyageur, chacun son truc j’imagine.

    Bon restant de voyage.

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  2. Comme tes récits sont fascinants, Alexe, ta 3e semaine a l’air d’avoir été bien remplie, ça me donne le goût de visiter le pays.

    Mais une embuscade à la machette??? Tu devais être en furie de ne pas avoir vu la chute après deux jours. Peut-être aurais-tu dû aller gambader dans la boue =)

    Une ballade en pick-up, c’est toujours agréable. =) À la campagne au Québec, dans des fonds de rang.

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    • J’étais un peu déçue de ne pas avoir vu la chute mais j’étais bien contente de ne pas être celle à qui c’est arrivée! J’aurais tellement eu peur! Je ne sais même pas si j’aurais été capable de m’enfuir. J’aurais probablement été clouée sur place! :-/

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  3. Pingback: Indie Coffee Passport 2015 | soya & chocolat

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